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L’atlas
Le département des Hauts-de-Seine dispose d’un patrimoine architectural remarquable et hors radar, sous-estimé voire ignoré par l’habitude, décor plus ou moins ordinaire des villes où nous avons massivement appris à habiter. Projet documentaire et numérique pensé comme une collection patrimoniale d’architectures de qualité, l’Atlas du logement collectif des Hauts-de-Seine 1945-2000 vise à recenser et documenter ces bâtiments, et à rendre accessible en ligne et librement cette base de données architecturales constituée. Choisis de façon à refléter l’architecture métropolitaine de la 2ᵉ moitié du XXᵉ siècle, certains des bâtiments présentés sont peu connus. Cette source d’informations et de connaissances intéresse les professionnels (architectes, urbanistes, historiens, chercheurs, étudiants en architecture, services patrimoine de l’État, de la Région, des Territoires) mais aussi les services des mairies et les collectivités du département, comme toutes celles et ceux que l’architecture intéresse, et notamment les enfants pour la sensibilisation desquels il peut servir de support.
Les sources documentaires et archives ayant servi à l’élaboration de l’Atlas peuvent, dans certains cas, ne pas refléter les versions finales des projets réalisés.
Direction CAUE92
Conception et réalisation
Laure Waast, responsable programmation culturelle
Yasmine Tandjaoui, responsable production
Recherche, documentation, dessin
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Le distrait savoir des atlas
À la question de savoir quelles images le regardaient lorsqu’il était enfant, on pourrait s’attendre à ce que Serge Daney, génial critique de cinéma, se remémore des films. Non : « Je crois que la première image qui a compté pour moi, l’image presque définitive, c’est pas une image de cinéma, c’est l’atlas de géographie¹. » Mais alors, qu’est-ce qui, aujourd’hui, nous regarde dans un atlas d’architecture ?
Sans doute la manière dont l’attention flottante, la perception distraite avec laquelle nous appréhendons l’architecture d’après-guerre – quand ce n’est pas avec indifférence, voire mépris – peut se constituer en savoir. Le philosophe Walter Benjamin écrivait que « de tout temps, l’architecture a été le prototype d’une œuvre d’art perçue de façon à la fois distraite et collective². »
L’atlas forme donc un savoir, mais un savoir distrait, flottant qui, par listes, cartes, plans ou index, rejoue devant l’écran la flânerie si élémentaire au plaisir de la ville. Tout comme le regard du passant, dans le travelling de sa marche, accroche certains détails qu’il abstrait de l’entour, l’atlas lui aussi prélève, détoure, pour mieux les rendre visibles, quelques-uns de ces bâtiments méconnus qui donnent littéralement l’impression de flotter sur la page.
Rassemblement d’images éclatées, l’atlas conjoint ainsi deux gestes, l’un net, l’autre divagant : « nous l’ouvrons d’abord pour y chercher une information précise mais, l’information une fois obtenue, nous ne quittons pas forcément l’atlas, ne cessant plus d’arpenter les bifurcations en tous sens ; moyennant quoi, nous ne refermerons le recueil de planches qu’après avoir cheminé un certain temps, erratiquement, sans intention précise, à travers sa forêt, son dédale, son trésor. En attendant une prochaine fois tout aussi inutile et féconde³. »
Ce savoir est collectif et partageur. À la manière de ces dessins d’enfant n’apparaissant qu’après en avoir relié tous les points, la quinzaine d’architectures du collectif déjà pointées dans cet atlas forment autant de stations pour des chemins supposément infinis.
[1] Serge Daney dans Itinéraire d’un ciné-fils, réalisé par Pierre-André Boutang, Dominique Rabourdin, 1992.
[2] Walter Benjamin, « L’œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique (version de 1939) », in Œuvres, III, Paris, Gallimard, 2000, p. 311.
[3] Georges Didi-Huberman, Atlas ou le gai savoir inquiet, Paris, Minuit, 2011, p. 11.
Texte
Hugo Martin, historien de l’art
Ses recherches portent sur la connaissance sensible, les savoirs dont sont porteurs les affects, les formes et les gestes. Il est engagé, par l’écriture, dans le champ de l’architecture et est l’auteur de plusieurs textes sur l’architecture et la ville informées par la psychanalyse, la psychothérapie institutionnelle et le care.
Le CAUE92
Présents dans 92 départements, en France métropolitaine et ultramarine, les CAUE (conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement) sont nés de la loi du 3 janvier 1977, qui considère l’architecture comme une expression de la culture. Organismes investis d’une mission d’intérêt public, ils ont pour objectif de promouvoir la qualité du cadre de vie, en conseillant, formant et sensibilisant. Acteurs des grands débats de société, les CAUE s’engagent pour la maîtrise de la consommation foncière, la démocratisation de l’architecture, la rénovation énergétique en contexte patrimonial. Implanté dans le département depuis plus de ti0 ans, le CAUE92 s’est constitué une culture et une connaissance originales et précises des Hauts-de-Seine. L’équipe, animée par des architectes et urbanistes conseillers, y mène une très large gamme d’actions – expertise architecturale, balades urbaines, expositions, livres, conférences, voyages d’étude, visites de site, ateliers pédagogiques – destinées à une grande diversité de publics : particuliers, élus, personnels des collectivités, architectes, promoteurs, enseignants, étudiants, simples amateurs.